Réponse exclusive de MKN sur l’audit de la dette publique tunisienne

Notre cher Gouverneur de la BCT, Mustapha Kamel Nabli, ne sait pas ce qu’est un audit de la dette publique tunisienne… Se moque-t-il des tunisiens? Fait-il semblant de ne pas comprendre ou doit-il « dégager » pour incompétence comme l’exige aujourd’hui le personnel gréviste de la Banque Centrale Tunisienne (BCT) [1]?

Incompétence ou mauvaise foi?

Interrogé sur la nécessité de mettre en place un audit de la dette publique tunisienne afin d’analyser le processus d’endettement sous la dictature de Ben Ali, lors d’une conférence le 29 novembre 2011 à l’Académie Diplomatique Internationale, MKN prétend ne pas comprendre ce que signifie un audit.  Comment se fait-il que le gouverneur de la Banque centrale, qui se vante d’avoir écrit des ouvrages sur la transparence et la bonne gouvernance et qui a ouvert une conférence en mai 2011 sur «La transparence financière, bonne gouvernance et développement économique : Perspectives de l’après-révolution en Tunisie », ne sache pas ce qu’est cet outil de transparence financière par excellence. “Cela n’a pas de sens” selon lui. Un audit qui permettrait d’analyser la légalité et la légitimité des prêts contractés sous la dictature, de voir combien l’on doit, à qui, pourquoi et si effectivement ces dettes ont servi l’intérêt du peuple, n’a t-il aucun sens alors même que tous les tunisiens prônent l’«opengovernment»?

Le coût? Un argument qui ne tient pas.

Raphael Correa, President de l’Equateur

Après avoir avoué son incompétence sur la définition d’un audit de la dette publique, Mustapha Kamel Nabli semble finalement savoir de quoi nous parlons et nous oppose des arguments très contestables. Il déclare que l’on ne peut le faire car l’audit serait trop coûteux. Ceci est faux.
Pour preuve, l’Equateur a réalisé un audit de sa dette publique extérieure en 2008 après avoir souffert de 30 ans de dictature militaire. Cet audit a coûté seulement 700 000 dollars pour une annulation des dettes d’un montant de 7 milliard de dollars. Rembourser sans condition des dettes, d’un montant total de 33 milliard de dinars, au prix de la sueur des travailleurs tunisiens, pour des projets qui n’ont jamais servi le peuple, tels que ceux qui ont financé la corruption, la surveillance de la population et l’appareil de répression sous la dictature, n’est-il pas plus coûteux et immoral? La corruption qui sévit au sein de la BCT, dénoncée avec courage par le personnel de la BCT lors de leur appel en novembre 2011 puis la grève du 19 janvier 2012, n’est-elle pas plus coûteuse?

On y vient… la peur de la transparence de la part d’un homme qui se dit prôner… la transparence !

Finalement, MKN semble savoir de quoi on parle en évoquant l’audit de la dette. Après avoir feint de ne pas savoir, et après avoir tenté de nous dissuader avec de faux arguments, Nabli avoue que si l’on audite la dette, il faudrait auditer toute l’économie tunisienne: un point sur lequel nous sommes enfin d’accord. En quoi cela est-il incompatible avec l’audit de la dette? Mais allons-y! Auditons toute l’économie, nous ne demandons que cela, en commençant par un audit de la BCT! Ah… Mais n’est ce pas ce qui effraie MKN ? Que les tunisiens dévoilent au grand jour la corruption et les pratiques frauduleuses qu’il couvre depuis sa nomination le 17 janvier 2011 [2]?

Après la peur… le mépris des tunisiens et des revendications révolutionnaires

“Cette question ne m’empêche pas de dormir”, finit par nous dire MKN.
Tunisiens, tunisiennes, qui vous êtes sacrifiés et qui vous êtes soulevés avec courage contre l’oppression pendant que MKN était tranquillement en poste à la Banque Mondiale,
Tunisiens, tunisiennes, qui continuez à vous battre pour vos droits et votre dignité par la grève,
Courageux personnel de la BCT, qui continuez à lutter malgré les menaces et à manifester contre la corruption et les pratiques frauduleuses de MKN et son vice-gouverneur,
Sachez que le fait que vous remboursiez une dette colossale de 33 milliards de dinars, que l’on a empruntée en votre nom, sous la dictature, à votre détriment, sans savoir ce a quoi a servi cet argent, n’empêche pas de dormir MKN,
Savoir que les tunisiens se sont soulevés pour demander que lumière et justice soient faites sur cette dette depuis plus d’un an déjà, en exigeant le droit de savoir pourquoi ils remboursent une dette qui englouti toutes leurs ressources financières [3] , ne l’empêche pas de dormir.

Alors, mener une enquête sur la gestion de la BCT et sur son action en tant que ministre du développement régional, puis du développement économique sous Ben Ali, empêcherait-il MKN de dormir? Découvrir les circonstances occultes de sa nomination le 17 janvier l’empêcherait-il de dormir?

Après le mépris…l’arrogance

MKN finit par nous rassurer, il sait déjà que l’on ne va rien trouver. Cela semble risible de la part de quelqu’un qui s’est montré si peu coopérant avec la Commission sur la corruption et les malversations [4]  et dont le propre personnel exige le départ et l’ouverture d’une enquête sur les fraudes et opérations financières de l’institution [5].

D’après MKN, les projets de la Banque Mondiale seraient si bien ficelés qu’il n’y aurait rien à découvrir sur ces prêts. Comment explique-t-il alors que l’audit de la dette publique équatorienne a démontré que plusieurs prêts importants de la Banque Mondiale que l’Équateur doit (soi-disant) rembourser jusqu’en 2025 visent clairement « l’appui à des changements des lois du pays, dans l’intérêt des créanciers et de la classe dominante équatorienne. C’est ainsi le cas du prêt 3655, PRODEMINCA. Signé le 8 mars 1994, ce prêt, destiné à l’assistance technique au développement minier et au contrôle environnemental, visait notamment l’introduction d’un nouveau Code minier et de réformes favorables aux investisseurs. Ce projet a eu des conséquences environnementales désastreuses. Deux lois Trole I et II ont crée les conditions du pillage des ressources par les multinationales en organisant l’affaiblissement du rôle du ministère de l’environnement et en permettant l’activité minière en zone protégée” [6].

Nous soutenons massivement et vigoureusement les grévistes et appelons à un audit de la BCT  et le départ de MKN. C’est un imposteur qui vient de démontrer, en plus de son incompétence, son refus de servir les tunisiens et leurs intérêts mais plutôt ceux de nos créanciers, ses ex-employeurs. Nous ne devons pas avoir la mémoire courte. Après avoir servi Ben Ali, MKN a servi plus de 10 ans les intérêts d’un de nos principaux créanciers, la Banque Mondiale, en tant qu’économiste en chef du département MENA de la Banque Mondiale (incluant la Tunisie). Interrogé sur le problème fondamental des connivences et conflit d’intérêt que cela induit, MKN nous répond qu’il n’a plus de contacts avec la BM et qu’il ne travaille plus en leur sein. Alors pourquoi MKN a-t-il participé aux travaux des Assemblées Annuelles du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale (BM), tenues le 23 au 25 Septembre 2011 à Washington durant lesquelles, il a eu des entretiens avec les chefs des principaux départements techniques du FMI et de la BM [7] ?  Peut-on savoir quel en était l’objet?

Unissons-nous pour faire lumière sur la corruption au sein de la BCT via une enquête indépendante!

Nous devons nous unir face à la machination médiatique dont nous sommes victimes. Ennahdha semble avoir bon dos [8]. Etouffer les revendications du personnel de la BCT, qui lutte pour la réalisation d’un des objectifs primordiaux de la révolution, la lutte contre la corruption au sein de la plus importante institution du pays, relève tout simplement de la désinformation et de la contre-révolution. Ne tombons pas dans le piège. Pourquoi ? D’une part, d’après l’article 26 de la loi constitutive portant organisation provisoire des pouvoirs publics du 10 décembre 2011, la nomination du gouverneur de la BCT est adoptée par la majorité des présents à l’Assemblée Constituante après proposition du 1er ministre et du président de la République [9]. Les députés d’Ennahdha ont voté en majorité pour le maintien de MKN au poste de gouverneur de la BCT, nomination proposée par Hamadi Jebali. D’autre part, il n’y a pas de divergences de vues entre MKN et Ennahdha, bien au contraire. C’est MKN en personne qui le confirme lors de cette conférence: «Il n’y a pas d’angoisse sur les politiques économiques des partis, il n’y a pas de grand changement, le programme économique de Ennahdha est compatible avec la libéralisation».
Ceux qui perpétuent la rumeur selon laquelle Ennahdha serait derrière la grève du personnel de la BCT font le jeu des contre-révolutionnaires. Rappelons que l’appel des jeunes cadres de la BCT soulignant la corruption au sein de l’institution et la responsabilité de MKN a été lancé en novembre 2011 [10], bien avant la prise de fonction de Ennahdha au sein du gouvernement! Aujourd’hui, ils ont le courage de faire grève. N’étouffons pas leurs cris, soutenons-les, nous ne pouvons que soutenir leur appel à un audit de la BCT!

Écoutez la dernière partie de la conférence avec la réponse de MKN  sur l’audit de la dette publique tunisienne:

Retrouvez la retranscription entière de la conférence ici.

Jihen Chandoul

[1]http://directinfo.webmanagercenter.com/2012/01/19/les-employes-de-la-bct-reclament-le-depart-de-mustapha-kamel-ennabli/

La vidéo:  http://www.facebook.com/video/video.php?v=340902825934643

[2]http://infos-banks.over-blog.net/article-le-clan-des-mafieux-gere-t-il-encore-le-secteur-bancaire-et-surtout-la-bct- 88938687.html

[3]http://dettetunisie.over-blog.com/article-20-mars-2011-lettre-au-gouverneur-de-la-bct-69904909.html

[4]http://directinfo.webmanagercenter.com/2011/11/11/commission-sur-la-corruption-et-les-malversations-la-bct-na-pas-voulu-collaborer-avec-nous/

[5]http://www.mosaiquefm.net/index/a/ActuDetail/Element/17879-Le-personnel-de-la-BCT-appelle-au-d%C3%A9part-de-Mustapha-Kamel-Ennabli.html

[6] “L’action néfaste des prêts de la Banque mondiale en Equateur- Plaidoyer pour leur annulation”, Eric Toussaint, CADTM

[7] http://www.tunisienumerique.com/la-banque-centrale-de-tunisie-le-fmi-et-la-bm/75959

[8] http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=519&a=28861&temp=1&lang

[9]http://www.tap.info.tn/fr/fr/politique/300-politique/14463-la-constituante-adopte-la-disposition-sur-lindependance-de-la-bct.html

[10]http://infos-banks.over-blog.net/article-le-clan-des-mafieux-gere-t-il-encore-le-secteur-bancaire-et-surtout-la-bct-88938687.html ou http://www.scribd.com/doc/73303479/La-revolution-economique-mise-en-danger-par-Nabli-a-la-BCT

Jihen Chandoul

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11 Comments »

  1. Halima Makni dit :

    Que fait MKN à la BCT ?
    Pour qui travaille-t-il ?
    pour la Tunisie ou pour la Banque Mondiale ?

    • Riuji dit :

      Cela devient évident que cet individu n’est qu’un envoyé de l’oligarchie financière qui ne travaille que pour les intérêts de son hyperclasse.

  2. Tounsi Horr dit :

    I don’t think that you people know who Mustapha Nabli is. Well let me tell you who he is: He is probably the only person left in this Government who can fish Tunisia out of the deep shit. He is brilliant, honest patriotic, so I have an advise to all those who dare criticize him: Shut the Hell up and let the guy do his job.

  3. CHEKADJA dit :

    POURQUOI UNE EVALUATION AUSSI ALARMISTE ?
    Le taux d’endettement de la Tunisie n’est que de 44% du PIB. Et ça n’a rien catastrophique. Pour preuve nous sommes classés seulement au 60ième rang en terme de taux d’endettement (meilleurs que le Maroc, le Japon, l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Belgique, le Canada, Singapore, la France, l’Allemagne, les USA, l’Egypte, etc.). Bref la situation est loin d’être mauvaise, voire même le contraire : on a sous exploité nos capacités d’endettements.
    La question qui se pose par contre pourquoi un article aussi agressif vis-à-vis de MKN. Ce « Chafik » a-t-il prêché par manque de compétence ou par mauvaise fois, à l’instar des sit-inneur à la solde de partis qui veulent faire capoter tout ce qu’Ennahdha entreprend, quitte à plonger le pays dans le marasme total.
    En tout cas Kamel Ennabli, on le connait bien pour avoir été un prof d’économie exempt de tout reproche. Il a été ministre sous ZABA et il n’a pas hésité à lui rendre son portefeuille quand il a constaté les dérapages. MKN est PHD de la fameuse UCLA en économie, l’un des meilleurs de sa génération. Il était Vice Président de la Banque Mondiale et bien sûr avec les avantages qui vont avec. L’année dernière, à l’appel de la patrie, il a tout balancé. Et son apport était vital à la préservation des comptes de la nation.

    • Chafik dit :

      Bonjour Chekadja,
      Merci de m’attribuer cet article, mais il n’est pas de moi, je n’ai fait que le déposer sur le site. En général, l’auteur signe en bas de l’article.
      Concernant l’endettement, suivez notre site et vous verrez que le point de vue que vous adoptez est celui que les créanciers veulent que vous adoptiez, et c’est réussi. Regardez plutôt le poids de l’endettement dans le budget de l’Etat, et ensuite allez dire aux shebabs que la Tunisie a sous exploité sa capacité d’endettement.
      Sur Nabli, si le fait qu’il ait travaillé 10 ans chez l’un des plus gros créanciers de la Tunisie, et que sa nomination ai eut lieu 3 jours après le départ de ZABA sans aucune raison claire sur le changement de poste et sur la personne qui l’a nommé, ne vous pose aucun problème d’éthique, ceci est dû à votre limitation du concept d’éthique, pas à la nôtre.

    • Riuji dit :

      Chekadja,

      Si au lieu de considérer la dette en % du PIB (‘que’ de 44%), on considérait la dette en part d’intérêt et de capital, on se rend compte que ce n’est qu’un racket pur et simple: environ 70% du total en 2011 représentent les intérêts (http://dettetunisie.over-blog.com/article-la-dette-exterieure-un-frein-au-developpement-de-la-tunisie-70260267.html). A l’heure où les peuples du monde et les économistes honnêtes mettent à jour cette escroquerie et tentent de la remettre en cause (Grèce, France, USA, Amérique Latine…), on veut nous faire taire sur cette question. Non! La colonisation c’est terminé! Nous ne serons pas une nouvelle fois les dindons de la farce, mais nous serons à l’avant garde de ce combat.

  4. Tunisie : lumière et développement durable,

    Par Cheikh Khalifa Med Habib .

    Tous les économistes s’accordent à dire que le climat sec de la Tunisie est source de stress
    hydrique endémique. Cette situation s’est exacerbée en raison du changement climatique.
    En se référant aux réserves d’eau disponibles pour chaque citoyen, elles ne
    dépassent pas les 500 mètres cubes par an, alors que ce niveau est censé être au moins de l’ordre de 1500 m3 ;
    quantité nécessaire pour couvrir les besoins ordinaires de l’habitant et faisant de lui un résident autonome vissé à son
    territoire.
    Ainsi pour répondre à nos besoins annuels en la matière nous sommes contraint
    de chercher le complément nécessaires ; soit 12 milliards de m 3 et ce par le recours à des sources non conventionnelles.
    Le constat ci-dessus décrit semble échapper à notre Ministre de l’Agriculture ; à tel enseigne
    qu’il déclara, suite au niveau atteint par les réserves de nos barrages après les
    pluies abondantes de l’hiver dernier, soit 2 Km 3, que de telles quantités sont
    suffisantes pour les trois prochaines saisons agricoles !

    Pour en juger il n’y a qu’à se référer, par exemple, à la moyenne quinquennale 2005-2009 des rendements en céréales, qui
    n’ont pas dépassée 1,35 T/ha. A titre d’information le rendement en France frôle les 10 T/ha et les 5 T/ha en Allemagne.
    On peut dire la même chose pour le rendement de nos oliviers : 3 Kg d’huile par pied d’olivier,
    On pourra espérer voire reprendre la production de betterave sucrière afin de pourvoir à nos besoins en la matière…

    Le nivellement et le relèvement des rendements mentionnés sont possibles
    par un apport hydrique aux champs aux moments idoines. Ainsi ces rendements
    peuvent être facilement doublés par le recours systématique à l’irrigation d’appoint,
    nous épargnant au passage une dépense importante en devises allouées à
    l’importation de grains pour la consommation humaine et animale ainsi que celle
    d’huile végétale…

    Par ailleurs il faut se rappeler le manque d’eau potable constaté dans certaines régions de la République,

    surtout dans le sud ainsi que dans les oasis pour l’irrigation.

    Alors, comment pouvons-nous s’offrir cette énorme quantité d’eau si vitale pour le pays et la population ?
    La technique dans le domaine de dessalement de l’eau pourra-t’elle venir à bout du manque de cette ressource ?
    Allons nous pouvoir ainsi mettre fin à notre dépendance alimentaire d’outre mer en améliorant le rendement
    de nos cultures sur toutes nos terres arables ?

    L’énergie solaire peut-t ‘elle être mise à contribution à cet effet ?

    De telles questions sont devenues d’actualités surtout après la Mère des Révolution de ce siècle,
    porteuse d’espoir pour tout un peuple assoiffé de liberté et de dignité.
    L’exigence de plein emploi ne peut être exhaussée que par la mobilisation de toutes les
    ressources du pays et le recours aux techniques les plus performantes et innovantes en vogue de part le monde.

    Aussi notre démocratie balbutiante nous concilie –t’elle avec notre
    environnement direct ainsi qu’avec nos voisins de la rive nord de la Méditerranée ?

    En effet notre quête insatiable pour des nouvelles ressources en eau non
    conventionnelles n’a d’équivalent que celle de l’Europe en quête aussi
    insatiable de nouvelles ressources énergétiques de préférence renouvelables et verte.
    Il faut avoir à l’esprit les risques inhérents à l’usage du nucléaire en la matière ainsi que
    l’épuisement annoncé des ressources d’énergie fossiles, combien nuisibles à l’environnement,
    charbons et surtout pétrole servant à produire de l’électricité !
    Par ailleurs la pressions des partis verts a fini par convaincre
    certains gouvernants européens à renoncer au recours au nucléaires dans la
    production de l’électricité à tel enseigne l’Allemagne a fini par arrêter tout
    nouveau investissement dans ce domaine faisant d’elle un pays pionnier dans la
    recherche et le développement des énergies renouvelables surtout le solaire.

    Ainsi on peut dire qu’une véritable autoroute pour la coopération s’est ouverte à notre
    jeune Démocratie afin d’initier un échange équitable avec ces ainées européennes !

    Rien qu’à voir l’afflux des délégations européennes qui nous rendaient visite, en début de cette année,
    cherchant à initier une coopération fructueuse dans le domaine de l’énergie solaire pour apprécier
    l’importance de l’opportunité qui nous est offerte à cet effet afin de réaliser
    nous mêmes les objectifs de notre glorieuse Révolution à savoir: le plein emploi !
    Une coopération de type gagnant/gagnant semble à porté de main, mais encore faut ‘ il bien la négocier et la saisir ;
    La dernière délégation d’homme d’affaires, dirigé par l’Ambassadeur du
    Royaume Uni, reçue par le Président de la République en date du 26 Mars dernier est venu promouvoir
    le projet « TuNour » pour produire de l’énergie électrique verte en puisant de notre gisement à ciel ouvert de
    rayonnement solaire sur le sable de notre étendue désert !
    La technique sur la quelle est basé ledit projet est celle de Concentration des Rayons Solaires afin de les
    utiliser pour produire de la vapeur d’eau à envoyer au cœur de la Centrale.
    Le refroidissement de ladite vapeur s’effectuant par réfrigération
    artificielle afin de liquéfier pour la renvoyer dans un circuit fermé et ainsi de suite…Cette
    Centrale pourra ainsi produire de l’électricité qui sera acheminé vers sept cent mille

    foyers européens tel que expliqué par ses promoteurs.
    Ce projet pionner dans notre pays vise donc à pomper l’énergie solaire
    du désert pour l’acheminer vers des foyers européens. Il semble ne pas conforter les préoccupations qui
    sont les nôtres en matière de production d’eau dessalée.

    En effet une autre technique existe consistant à ériger pareille centrale telle
    que promu par le projet évoqué « TuNour » mais faisant recours au refroidissement de la centrale par l’eau de mer.
    Basée sur un Km² de miroir réfléchissant, alimenté en eau de mer pour le
    refroidissement et, incidemment, en vue de dessalement ; une pareille
    centrale peut produire 250Mkw/h/an et 60 million de m3/an d’eau potable dessalée !

    Ainsi une pareille technique, malgré ‘le maigre’ résultat d’eau fournie (5 pour mille de nos besoins )

    semble nous ouvrir la voie royale vers la réalisation des objectifs visés, et ce en ayant recours à nos compétences
    scientifiques pour en améliorer le rendement et faire au moins que sa production électrique en Mkw soit
    équivalente en Mm3 !
    Par ailleurs les 60 M de m3 représentent déjà le quart de ce que distribue
    la SONEDE pour les ménages abonnés et ce pour une année ! Quantité très utiles
    pour le tiers sud du pays et suffisante pour couvrir les besoins d’au moins sept
    cent mille foyers ( 3 000 000 d’habitant le quart de la population du pays ),
    à l’instar de leur homologues européennes pour l’électricité !

    Il est donc opportun de poursuive la coopération avec nos voisins du
    nord sans perdre de vue nos objectifs de développement durable et équitable.
    Pour ce faire une règle d’équité est à mettre en œuvre : lumière contre eau !

    En fait il s’agit d’extraction d’énergie d’un gisement à ciel et mer ouverts, ou la compagnie étrangère sera

    traitée comme une compagnie pétrolière : le résultat de son exploitation sera répartie comme suit :
    pour la Tunisie ; un m3 d’eau contre un Kw à concurrence de la quantité d’eau dessalée fournie, le
    reste de Kw produit et non couvert par le troc précédent sera répartie 50%-50% entre la Compagnie et la Tunisie.

    Par exemple pour la Centrale décrite produisant = 250MKw/h/an+60Mm3, la Compagnie
    aura = 60+ (250-60)/2 soit 155 Mkw/h/an et la Tunisie 95 Mkw/h/an et 60 Mm3 d’eau
    dessalée. Tout ce projet sera monté sans que la Tunisie fourni un kopeck hormis le lieu d’implantation!
    Ainsi vu le besoin pressant en électricité propre des pays européens,
    leurs Compagnies vont se hâter pour améliorer la technique afin de nous
    permettre d’avoir les 12 Milliards de m3 demandés.

    On aura ainsi établie des relations stratégiques durables et apaisées, fourni de l’emploi
    à nos jeunes tout en les réconciliant avec le milieu naturel, tari les sources de l’immigration clandestine
    aussi bien que celle de l’exode rural, stoppé l’avance du désert et la désertification de nos compagnes

    en faisant de nos prairies un vivier d’écologie et de production durable amie de l’environnement …
    et fait de la Méditerranée un havre de paix pour les peuples l’entourant .

  5. Med dit :

    A lire, a propos de la situation prevalent a la Banque mondiale (corruption, copinage, incompetence…) ou officiait M. Nabli en tant qu’economiste en chef pour la region MENA, un article recent de Forbes, le magazine du big busness americain, qu’on ne peut certainement pas qualifier d’etre anti Banque mondiale/FMI: http://www.forbes.com/sites/richardbehar/2012/06/27/world-bank-spins-out-of-control-corruption-dysfunction-await-new-president/

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